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Lettre d'information

La lettre d'information

Edito·

06/06/2017

Quel devenir pour la mondialisation des échanges ?

Portrait de Jean-françois Laurain
Jean-François Laurain, Directeur Général

Tout au long des années passées, la mondialisation a balayé les frontières, développé le commerce mondial, accéléré les échanges, instaurant une primauté de l’instantanéité de l’évènement sur la réflexion de long terme…

Les réactions à ce mouvement de fond s’érigent aujourd’hui sous des formes diverses : nationalismes, terreurs obscurantistes, barrières douanières, sanctions économiques…

C’est peu de dire que notre environnement est marqué par de grandes incerti­tudes et une instabilité croissante, si préjudiciables à toute décision nécessitant de se projeter dans l’avenir.

Sur le plan économique, si les perspectives de croissance mondiale se re­dressent, c’est avant tout grâce aux meilleures performances des économies émergentes tandis que les économies des pays développés, notamment les économies européennes, reprennent force. Et là aussi, les incertitudes sont grandes : dans le premier cas, le salut ne semble venir que de l’arrêt de la baisse des prix des matières premières, toujours pas confirmé, et dans le se­cond cas, le rythme de reprise demeure bien trop timide, encore éloigné des niveaux qui prévalaient avant la crise de 2008, et sujet à des rechutes.

Sur le plan financier, les facteurs de risques ne manquent pas, en particulier avec les niveaux atteints par les principaux indices boursiers, les valorisations élevées d’entreprises, les leviers de dette toujours à la hausse, une remon­tée des taux longs qui se fait attendre, une inflation que certains prédisent inexistante pour longtemps, et un retour au calme sur les devises, notamment émergentes.

Globalement, ce début d’année 2017 est marqué par une baisse générale de la volatilité, alors même que l’environnement a rarement été aussi instable. Un paradoxe majeur qui donne à réfléchir.

Dans ce climat incertain où la visibilité fait défaut, il peut être tentant pour les décideurs économiques de se focaliser sur un horizon temporel court, par manque de certitudes et dans l’attente d’y voir plus clair.

Pourtant, la mondialisation est dans les faits et les esprits : en témoignent les attentes des millénials, nouveaux consommateurs attachés aussi bien aux va­leurs traditionnelles d’authenticité, de naturel et de culture forte qu’aux com­munautés transfrontalières des réseaux sociaux dont ils guettent les modes et les actions solidaires.

Les indices d’une évolution de cette nouvelle mondialisation se manifestent sur deux voies parallèles, en apparence contradictoires : d’un côté la poursuite de la concentration d’acteurs mondiaux, de l’autre l’émergence rapide de pe­tites entreprises en croissance forte sur des segments innovants ou qu’elles contribuent à rénover. En amont de notre chaine de valeur, le mouvement de concentration des agrochimistes mondiaux ouvre la voie à d’autres concen­trations, notamment dans le domaine du négoce mondial, où les difficultés des géants traditionnels et l’émergence de nouveaux géants asiatiques (Cofco, Marubeni, Wilmar, Olam…) préparent des alliances ou des fusions prochaines. Tandis qu’en aval près des consommateurs l’essor des petites entreprises, at­tentives aux signaux du marché, constantes dans leur écoute permanente des consommateurs, adaptant leur méthodes de production à la recherche d’une meilleure compétitivité se développement sur les marchés mondiaux et sus­citent de plus en plus d’intérêt, à l’instar d’Innocent avalé par Coca, Lightlife repris par Maple Leaf, ou plus près de chez nous, Mont Blanc Materne par Bel…

C’est précisément dans un environnement aussi incertain que la notion de long terme prend tout son sens et toute son importance dans la recherche de stabilité, de vision et de préparation de l’avenir.

C’est cette notion de long terme que le Groupe Unigrains privilégie tout par­ticulièrement, et depuis toujours, dans ses relations avec ses entreprises parte­naires et leur accompagnement stratégique. La confiance se forge sur le long terme. L’élaboration et la construction de projets de développement égale­ment.

C’est pour mieux traiter ces thèmes qu’Unigrains organise le 21 juin prochain une conférence avec Didier Saint-Georges, Directeur Général de Carmignac Gestion, sur le thème « International et incertitudes politico-économiques » pour réfléchir ensemble sur l’impact des risques globaux actuels, notamment sur la mondialisation, le commerce mondial, et nos perspectives économiques et financières.

Jean-François Laurain
Directeur Général d’Unigrains

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